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Concert : Hatebreed @ La Cigale – 30.11.07

2 décembre 2007

Hatebreed

Avant de commencer, je vais faire une petite mise à niveau pour tout ceux qui ne connaissent pas Hatebreed. Pour que tout le monde comprenne pourquoi j’aime ce groupe et leur musique.

Hatebreed c’est d’abord 5 musiciens : Jamey Jasta (Chanteur principal), Frank “III Gun” Novinec (Guitare), Chris Beattie (Basse), Sean Martin (Guitare/Chant) et Matt Byrne (Batterie). Leur musique fait partie de la classe “Hardcore” qui signifie que leur style repose sur l’alliance du punk au métal.

Pourquoi je les aime? Tout d’abord parce que contrairement à quasiment tous les groupes d’Hardcore, le côté métal est bien plus présent que le côté punk. La voix de Jamey n’est pas chantante et criarde mais il a bel et bien une voix de leader de groupe de métal. La musique en elle-même est une de ces musiques qui vous perforent le bide jusqu’à ce que vous vous agenouillez à terre pour implorer la fin. Chaque chanson a une part de punk (parties rapides) mais se finit toujours par un break dantesque mettant tout le monde d’accord. Pour finir, les paroles d’Hatebreed ne reposent pas sur des simples cris que le commun des mortels pourrait entendre. Chaque mot, chaque phrase est une épreuve vécue par le chanteur mais également une épreuve que nous pouvons vivre à un moment donné de notre vie. Je me retrouve tellement dans ces paroles ! Ce qui est fort, c’est qu’il ne prend aucun parti. Il ne cite jamais des mots tels que politiques, sentimentaux, religieux. Tout est sous-entendu de façon à ce que tout le monde identifie la chanson à une période de sa vie et ça, c’est tout simplement énorme. Sur ce, je vous laisse avec le résumé du concert…

Jamey Jasta

Avant de commencer, je vous conseille d’aller lire l’article précédent concernant le vocabulaire particulier au métal que je vais employer.

Hatebreed @ La cigale – 30.11.07

19h45 : Je viens d’arriver devant la Cigale. La soirée a commencée depuis 17h. Ce soir, 6 groupes jouent. Je ne suis venu que pour un seul : Hatebreed. “La” découverte de l’année, musicalement, pour ma part. Ca caille dehors et j’attends 2 de mes potes qui arrivent en voiture.

20h15 : Mes potes sont là. Je suis glacé. J’ai vu des gens défiler et j’ai entendu le son de dehors, ça s’annonce lourd (Hardcore oblige). Je monte dans la voiture de mes potes (le temps qu’ils trouvent une place, je vais pouvoir me réchauffer).

20h40 : On trouve enfin une place pile en face de la Cigale dans une petite rue. Pas de parking devinci à payer et une place à proximité du concert : niquel pour ne pas avoir le temps d’attraper un rhume à la fin du concert.

20h50 : Nous voilà dans l’antre Hardcore d’une soirée. Il reste 1h avant qu’Hatebreed n’apparaisse. On assiste au concert d’Agnostic Front, groupe plus punk qu’hardcore mais le spectacle qui s’offre à nous dans la fosse est ahurissant. Tout le monde saute, court, se frappe, gueule, lève le poing en l’air, chante. Mais comment ça va être sur Hatebreed?

21h50 : Le rideau se ferme. Une intro super décalée (style “jingle d’émission télé”) sonne. Tout le monde se marre. Pas pour longtemps. Les 5 d’Hatebreed entrent en scène et le jingle est complètement bouffé par le son de basse de Chris Beattie. La foule hurle. Je fais de même. Je sens la pression qui monte. Et la première chanson est lancée : Beholder Of Justice. A peine le premier couplet est lancé que je reçois des dizaines de coups de poings à la minute. C’est hallucinant ! La violence est énorme. Les gens se défoulent alors je m’y mets aussi. Je prends et je donne. C’est gratos !

Le groupe est ultra-motivé. Le public est à fond et le chanteur nous remercie à chaque fin de chanson. Je crois qu’il est en pleine hallucination de l’ambiance de la salle !

Le niveau augmente. J’ai des frissons dans tout le corps quand tout le monde reprend en choeur les refrains : “Now is the time for me to rise to my feet. Wipe your spit from my face. Wipe these tears from my eyes” (I will be heard) ou bien : “How can I change tomorrow if I can’t change today. This is now. If I control myself I control my destiny” (This is now)

Je pourrais continuer comme ça pendant des heures. La chaleur est maintenant omniprésente. Je sue, je souffre, j’ai pris des coups un peu partout, je ne sais même pas comment je tiens encore debout. Peut-être grâce à cette musique qui donne tant d’espoir? Peut-être grâce à cette rage qui fait que l’on revient tous de loin? Jamey n’arrête jamais les remerciements. Il gueule même à côté du micro pour se mettre égal à égal avec la foule.

Nous sommes maintenant à la moitié du concert et le groupe commence un titre de leur premier album que je ne connais pas. J’en profite pour aller boire un coup (mon unique pause du concert).

Une nouvelle chanson retentit : To the threshold. La guerre est déclarée dans la fosse. On se croirait sur un champ de bataille. Au loin, on évacue un mec qui a le bras pété. Pas mal de monde slam. C’est vraiment le bordel. Mais la musique prend toujours le dessus et j’ai déjà re-soif. Les paroles retentissent dans mon crâne (“Give me your broken, give me your beaten, i will build them up, i will lead them to the threshold”), et je m’abandonne carrément. Je lève les yeux au ciel, je n’en peux plus, je n’ai plus de force. Les gens frappent mais je n’entends que le message de ces paroles. Je pourrais mourir maintenant. La chanson se termine. Je suis dans un autre monde. A ce moment, alors qu’on croit que ça va se calmer, retentit la chanson que j’attendais, celle qui allait me faire passer de ma haine passive à une furie dévastatrice : Doomsayer. Le riff des guitaristes percute mon coeur. La foule n’en peut plus mais c’est toujours la guerre des tranchées là-dedans. Je reçois un coup derrière la nuque, je me retourne et prend le type, le balance au milieu du circle-pit. Le pauvre mange sévère. Tant pis pour lui. La musique se stoppe. C’est l’heure du break. On attend la phrase assassine : Your doom awaits you (gravée dans le dos de mon tee-shirt). La tension monte et Jamey hurle : YOUR DOOM AWAITS YOU. Je pars totalement en vrille. Je passe même en mode kung fu et défonce 3 ou 4 mecs avec mes coups de pied et de poing. Je ne sais même pas où je trouve la force pour donner ces patates. Les gens s’écartent. Ont-ils peur de moi? Moi, le timide? Celui qui n’ose même pas prendre la parole en amphi? Celui qui garde tout le temps tout pour lui, qui ne s’exprime que par les mots/maux? Ces gens ressentiraient-ils alors ma haine accumulée? Serais-je en train de tout extérioriser? Putain, on dirait que oui…

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Le groupe s’éclipse 5 minutes pour boire un coup. On hurle en coeur : Hatebreed ! Hatebreed ! Hatebreed !

Voilà nos 5 héros qui se pointent, le sourire aux lèvres, prêts à nous finir… Les dernières chansons s’enchainent, le temps s’arrête pour moi. Je garde chacun de leurs visages dans mon cerveau car je sais que bientôt, ils ne seront plus là. Eux, qui depuis 5 ou 6 mois me donnent de l’espoir, de la rage, de l’envie de me battre grâce à leur musique, grâce à leurs paroles. La seule manière de les remercier est de les admirer. De ne rien faire d’autre qu’avoir envie de pleurer, non pas parce que j’ai mal, mais parce que putain, c’est la première fois de ma vie que je ressens cette puissance. J’ai trouvé “le” groupe qui me correspondait le plus. Et ce groupe s’appelle Hatebreed.

Il est 22h50. Le rideau se ferme. Je tremble. C’est fini. La guerre est terminée. Hatebreed s’en est allé. Avec leur son, leur espoir, leur puissance. Hatebreed reviendra. Je l’éspère de tout coeur et je serais là. Je l’éspère.

Merci.

PS : Merci à tous ceux qui m’ont lu jusqu’au bout. Je ne veux pas choquer les gens qui me connaissent (ou pas) avec mes paroles. J’ai retranscris ce que j’avais vécu sur le coup. Après réflection, ça aurait été très con de mourir dans cette salle n’est-ce pas? Mais je vous jure que vivre ça de l’intérieur, ça m’a changé. Je sais que la plupart des gens que je connais nous auraient pris pour des psychopates dans un asile mais il faut aller plus loin que les à-priori. Rentrer dans ce monde et ne pas avoir peur de ne jamais en revenir. Que celui qui a déjà ressenti ça me le dise… Qui s’est déjà senti vidé de tout ses poids pendant un concert? Qui a déjà extériorisé toute sa rage pendant un concert? Cela m’étonnerais qu’un concert de Johnny Haliday/Lorie/Booba ou autre vous vide de cette façon. Même aller en boite ne vous vide pas de cette manière (pour ma part). En tout cas, je me suis vidé : moralement, psychologiquement et physiquement. J’en avais besoin.

7 commentaires

  1. [...] le cinéma, etc. « La liste des meilleurs sites proposant des tutoriaux Photoshop ! Concert : Hatebreed @ La Cigale - 30.11.07 » Le petit lexique (ironique) des non-métalleux 2 décembre [...]


  2. MERCI pour ces paroles Cyp’.
    Effectivement sorti du contexte, ça peut paraître abusé, mais une fois passé dans cet autre monde, on pourrait limite dire que c’est pas assez fort!

    Un concert inoubliable pour un des groupes metal les plus “puissant” de notre époque…
    J’ai pas de mots.


  3. excellent l’article :D


  4. Wouah! Impressionnant quand même! J’adore comment tu as raconté ça, c’est bien que tu te retrouve dans un groupe comme ça, et puis ce sont des emotions que nous ne ressentons pas souvent, ou en tout cas pas avec autant de puissance, je sais que ça m’est déjà arrivé de ressentir ce vide intérieur et l’envi subite de pleurer, mais je ne sais plus à quel concert, je crois bien que c’était Aqme, bref! C’est super comme sensation!
    Après pour ce qui est de la violence j’suis moins fan… Un concert t’y va avant tout pour la musique, alors revenir avec des bras cassés c’est quand même pas top, alors oui je pense qu’il y des personnes qui viennent pour faire du cassage de gueule, mais tout le monde ne veux pas forcément ça, alors je vais dire aussi que ces personnes n’ont pas a aller dans la fosse, mais c’est quand même différent comme ambiance je parle même sans violence…C’est dommage, après il est vrai que ça fait “plaisir” de se défouler car il faut le dire quand tu es pris dans la sphère tu ressens une pusance et une rage profonde que t’as envi d’extérioriser…mais pour qu’elle raison? J’aime les concerts mais j’veux pas me prendre des castagnes, alors?! Parce que là ça n’a quand même rien à voir avec des pogos qui te bougent de gauche à droite… Enfin bon, en tout cas vive la musique!
    Bisous p’tit ange (que d’apparences à part-amant :p)!
    Je t’aime fort!


  5. En effet, ce concert était vraiment sympa…

    Dommage cependant que tu n’ais pas pris la peine d’aller jeter un oeil aux autres groupes de la soirée, que pour ma part j’apprécie beaucoup plus qu’Hatebreed (mais bon je suis comme toi, au final c’est quand même Hatebreed qui m’a fait venir au Hardcore notamment grâce à “I will be Heard” il y a 5 ans), et entre autre Sworn Enemy à qui je te conseille vraiment au moins de jeter une oreille sur leur Myspace… Les autres groupes étant peut-être trop Hardcore et pas assez Métal pour toi si tu préfères les riffs métalliques…

    Cependant pas mal ta critique je suis tombé dessus par hasard en cherchant l’accueil qu’avaient reservé le public Parisien à ces groupes US stars du Hardcore (et pionniers en ce qui concerne Agnostic Front, quand même présent sur la scène HxC depuis bientôt 25 ans…). En tout cas loin de moi l’idée de critiquer cet article, ça fait toujours plaisir de voir que Hatebreed a trouvé un nouveau fan, et qui sait, je te dis peut-être à bientôt, et pourquoi pas au Hellfest si tu passes par Clisson le 20/21/22 Juin, Madball sera de la partie et ils cartonnent autant qu’Hatebreed en live, crois moi…

    A plus mec, continue de faire vivre le métal, il en a besoin ;-)

    Keul


  6. Salut Keul. Il me semblait avoir vu ton adresse msn quelque part mais je ne la retrouve plus alors je te réponds ici.

    Pour tout te dire je ne connaissais qu’Hatebreed lors de cette soirée et je suis arrivé très en retard pour voir de justesse le show d’Agnostic Front.

    Je viens d’écouter Madball et Sworn Ennemy. Je ne suis pas trop fan de Sworn Ennemy. En fait je pense ne pas être fan du hardcore pur mais plus du hardcore aux tendances métal. D’ailleurs Madball : j’adore ! Merci de m’avoir fait découvrir un nouveau groupe !


  7. Mais de rien cher ami, c’est un plaisir… ;-)

    See you at Hellfest, keep rocking!

    Keul



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